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Grand moment de franchouillardise

Dimanche dernier, où étions-nous à la mi-journée ? Vous vous en moquez et vous avez raison. Je vous réponds néanmoins : sur le trottoir aux alentours du bourg d'une commune francilienne. Pour y faire quoi alors que l'air était frais et la météo pluvieuse ? Rappelez-vous, voyons... Dimanche ? Dimanche dernier ? Dimanche 24 juillet ? Allez, réfléchissez ... Par un temps pareil, par quoi pouvait bien être incitée une famille de francilien à mettre le nez dehors ? Avec, comme seul repas pour le déjeuner dominical, deux sachets de chips et cinquante centilitres d'eau pour les parents et une assiette tomates-jambon, un sachet de chips et une tasse d'eau pour le bébé ? Debout, en bordure de route ? Je sais, vous vous en fichez royalement, surtout si vous n'êtes ni francilien, ni intéressé par un tel événement ! Evènement d'une importance, d'une renommée, d'un rayonnement plus que régional, plus que national, plus qu'européen... Nous avons assisté, en direct, à un événement largement planétaire... Si, si, largement planétaire tant il semble que même les extra-terrestres nous l'envient puisqu'ils s'interrogeraient sur ses tenants et ses aboutissants.

Bon, j'ai pitié de vous. Voici la réponse : nous sommes aller assister au passage des coureurs du Tour de France cycliste. Eh oui ! Rien que ça !!! Bon, à vrai dire, les sportifs sur deux roues enrichis aux hormones, « poco me da » comme disent les Espagnols. Voir passer, en courant d'air, un troupeau de cyclistes qui vous ignorent, qui ne répondent même pas à vos salutations, est-ce suffisamment motivant pour une petite famille de francilien ? Oh, je vous entends déjà, vous qui voyez les habitants de l'Ile-de-France comme des gens vivant dans un autre monde que le votre. Vous allez me dire que les Franciliens sortent de chez eux pour voir/faire n'importe quoi. Tenez, en ce moment, aujourd'hui même, certaines/certains sont bien en train de se faire bronzer dans Paris, sur les quais, en bord de Seine, alors que l'air est frais et le soleil absent !!! Si, si, ça c'est Paris !!!

Mais je m'éloigne. Revenons à nos moutons. Euh, au fait, qui sont les moutons : les coureurs, les spectateurs ou les acteurs de la caravane publicitaire ? Eh oui, car voilà bien la véritable raison de notre déplacement, de notre équipée : le passage de la caravane publicitaire.

Après une attente de trente minutes environ, enfin les voilà, les véhicules petits et grands tout habillés, tout parés aux couleurs, aux formes des marques et produits vantés. Peuplés de leur population franchement jeune et majoritairement féminine. Et surtout, je n'oublie pas «  the most important » : les cadeaux publicitaires. Objets souvenirs, objets cultes, objets de convoitise  jetés çà et là à nos pieds trépignant d'impatience. Par de jeunes et belles caravanières conscientes de leur pouvoir à nous voir nous précipiter, je devrais dire  courir, pour ramasser ces petites choses sans intérêt mais pourtant but de notre déplacement et de notre attente. Ah, je vous entends. Vous vous demandez si je me suis battu avec mes voisins pour récupérer trucs, machins et autres bidules lancés à terre ? Eh bien non car nous nous étions installés loin des villes fortement peuplées, dans un petit bourg rural avec, comme proche voisins de circonstance, une famille encore civilisée avec qui il nous est arrivé de partager le butin. Dans une ambiance festive et joyeuse. Eh oui, sympa non ! Bon, dans les grandes villes, les spectateurs debout les uns contre les autres, parfois sur plusieurs rangs vont jusqu'à se battre à l'envoi d'une casquette ou, pire, d'une misérable feuille de chou publicitaire ! Si, si, je vous l'assure.

Bien, me direz-vous, et quels sont les trésors ainsi ramassés ? Eh bien, je dois dire que la sortie n'a pas été vaine. Jugez-en plutôt :

- 1 bob blanc « Skoda »,

- 1 casquette rouge « Café Grand'Mère »,

- 1 casquette jaune au logo du diable rouge « Le Faillitaire »,

- 1 casquette ombrelle jaune « Gifi »,

- 1 cannette de bière « Buckler »,

- 1 long ballon bleu « Marchés de France »,

- 1 échantillon de carré de chocolat destiné à promouvoir « La Grande Fête du Chocolat »,

- 2 colliers bleu aux couleurs de l'équipe « Bouygues Telecom – Didier Rous »,

- 1 bracelet rose « laredoute.fr »,

- 3 bandanas rouge « TPS »,

- 1 stylo « CFTC »,

- 1 carte de France localisant les réparateurs d'automobiles à l'enseigne « Motrio »,

- 1 échantillon de café « Grand'Mère »,

- 1 mini sachet de bretzels « Ancel »,

- 1 bouteille d'eau de 50 cl « Aquarel »,

- 3 mini sachets de bonbons « Haribo »,

- 1 édition spéciale Tour de France du Journal de Mickey.

- et, surtout, L'objet sans lequel la caravane publicitaire du Tour de France cycliste ne serait rien : le mini saucisson « Cochonou » (et j'en ai ramassé 2 exemplaires) !!!

 

L'est pas belle la vie ?

 

Quoique ! J'aurais bien apprécié afficher à mon tableau de chasse une casquette « Crédit Agricole » ou, mieux, un mini sac à dos de la même banque ! Et oui, quand la beauf attitude vous prend... Et elle aura duré deux heures. (Hein ?! Comment ça, je suis encore un beauf ? A vous offrir ce moment inoubliable de ma vie d'adulte qui m'a fait revenir à ma pré-adolecence ?)

 

Cela dit, je retiens que les groupes constitués de deux ou trois enfants au minimum constituent des cibles privilégiées pour recevoir ces merveilleux objets si rapidement convoités. Et si vite mis dans un coin. Et mis à la poubelle à la faveur du premier rangement ou déménagement. Par ailleurs, la rumeur signale que, cette année, les gens de la caravane publicitaire auraient été vivement incités à distribuer leurs trésor en grand nombre pour améliorer l'affluence le long du parcours. Est-ce vrai ? Je ne sais.

 

Et dans cette équipée dominicale, qu'a fait le bébé ? Le pôvre, il a eu peur du bruit des véhicules. D'ailleurs, pendant la demi-heure du passage de la caravane publicitaire, il a serré contre lui sa peluche en tremblottant. Idem pendant le passage du troupeau des coureurs et la file des voitures suiveuses. Parents indignes, va !!!  De retour à la maison, l'a refusé de faire la sieste. Paiement comptant, le bébé pas content.

 

Pour finir, je signale le récit de Pierre lorsqu'il était acteur de la caravane publicitaire, quelque part dans son blogg : http://www.blogg.org/blog-21899.html.
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